Retour sur « Merci d’être venue – Histoires d’hôpital pour de vrai », le spectacle clown auquel j’ai assisté le 28 octobre dernier

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Il est temps pour moi de vous faire, comme promis, un retour sur le spectacle « Merci d’être venue – Histoires d’hôpital pour de vrai » interprété par Sandra Meunier, clown art-thérapeute.
Ce spectacle philosophique et poétique met en scène le personnage d’Anabelle, qui raconte avec un joli humour et une joie contagieuse des tranches de vie en soins palliatifs.
Le spectacle était organisé le 28 octobre 2016 au Théâtre du Grand Marché à Saint-Denis, Réunion (Centre Dramatique de l’Océan Indien) par l’équipe mobile de soins palliatifs du CHU Félix Guyon et les accompagnants bénévoles, à l’occasion de la Journée Mondiale des Soins palliatifs.
Première surprise en arrivant : les spectateurs étaient nombreux. Salle comble. En attendant l’ouverture des portes, j’ai compris, aux conversations que j’entendais autour de moi, qu’il s’agissait très majoritairement d’un public de soignants (médecins du CHU notamment, internes, avec quelques figures connues sur l’île).
L’équipe mobile de soins palliatifs et les bénévoles ont présenté le spectacle, en n’oubliant pas de lire les recommandations de Sandra Meunier : il fallait que le public participe, se lâche. Et ça allait rapidement marcher. Dès les premiers instants, elle met le public dans sa poche avec la douceur, l’humour et la naïveté du clown Annabelle. Elle nous fait faire ce qu’elle veut, dire ce qu’elle veut. La salle est comme télécommandée, toute acquise au récit d’Annabelle, qui n’hésite pas à nous faire entrer dans son histoire, à nous y faire participer.
Le jeu de scène, les décors, la mise en scène, tout est féérique. Les messages sont profonds mais dits avec une telle légèreté ! Messages emplis d’espoir et d’humanité. Une petite touche de bonheur par ci, une petite touche par là, elle met de la joie partout, dans ses personnages qui passent de la douleur, de la colère, ou de la tristesse, à la joie, à l’épanouissement, à l’apaisement. Elle leur fait changer leur regard et apprécier la vie. Dans une interactivité très forte, elle nous embarque dans ce bonheur, qui inonde la salle.
Personnellement, plusieurs phrases me secouent :
« Pour voir la beauté, il faut être vulnérable ». Ces personnes affaiblies par la maladie et angoissées par l’épreuve inéluctable qui les attend deviennent en effet plus réceptives à toutes les formes de beauté, même les plus simples, dans ce qui les entoure.
« s’alléger avant le voyage ». L’image est très belle. Annabelle est là pour aider les malades à s’alléger de tout ce qui leur pèse encore, de tout ce qui leur interdit encore de « s’envoler ». Elle insiste encore en affirmant que « rire permet de monter directement ».
« si on ne peut pas changer la vie, on peut changer le regard qu’on a sur elle ». Tout est dit.
« nous sommes assistants de joie, entraîneurs de moral de troupe, chercheurs de trésors, souffleurs de paix ». C’est ainsi qu’Annabelle décrit sa fonction aux patients qui s’étonnent ou s’agacent de la présence d’un clown à leurs côtés. Je pense alors, admiratif et reconnaissant, à tous ces gens, professionnels, bénévoles, qui s’attachent à remplir cette fonction auprès des malades en soins palliatifs.
« pour bien accompagner, il faut de l’audace ». Voilà un message très fort, qui me parle, parce que l’audace, on peut l’exprimer de différentes manières. Accompagnants, proches, nous devons aussi et surtout être audacieux, oser des choses pas ordinaires et aider les malades à vivre des choses pas ordinaires. Leur permettre de trouver la joie et la beauté de différentes manières. « Heureux les fêlés, car ils laissent passer la lumière » citera t’elle, dans une conclusion très philosophique.
Son regard sur les soignants est très juste, il fait d’ailleurs rigoler la salle, comme un miroir qui renvoie leur reflet. Car elle sait retranscrire leurs préoccupations, leurs difficultés, leurs limites mais aussi leurs qualités. De même décrit-elle très bien les familles, les proches, leurs propres angoisses, leurs maladresses.
Voilà ce que je voulais partager avec vous sur ce spectacle. Le mieux c’est bien sûr de le voir. Ce serait super qu’il puisse être proposé encore à la Réunion. En attendant, je vous invite à aller sur le site de l’artiste.
Je ne suis pas critique de spectacle, donc le mieux pour que vous puissiez vous en faire une idée est de vous renvoyer à sa présentation, là encore originale, sous forme de dialogue entre Sandra Meunier et Annabelle. Allez regarder. C’est court (4 à 5 minutes), et vous comprendrez facilement son approche.
Et pour aller plus loin, si vous avez encore 10 minutes, écoutez cette interview de 2012 où Sandra Meunier explique son métier d’art-thérapeute.
Merci Sandra Meunier (Annabelle) d’être venue nous délivrer ces si beaux messages à la Réunion.
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