Entre des analyses « anormales » et la « consultation d’annonce » : comprendre les étapes de la prise en charge du cancer

Au départ, il y a toujours des examens médicaux (examen de routine, consultation pour un symptôme particulier, analyses biologiques révélant des résultats anormaux, palpations, …).

De laboratoire en médecin généraliste; de généraliste en spécialiste, la santé de votre proche, qui n’est pas encore « votre malade », devient au fil des consultations diverses et vérifications successives, inquiétante. « Quelque chose » ne va pas, que la médecine a besoin de vérifier, pour conforter un diagnostic.

Des mots angoissants, armes médicaux, sont alors mis sur ces « anomalies », qui amèneront progressivement à évoquer, directement ou indirectement, le mot « cancer ».

Coup de massue ! L’angoisse commence alors pour le patient et pour son entourage.

Pourtant, chaque situation est différente. Les médecins vont déterminer les caractéristiques du cancer : sa localisation, son type, son stade d’extension. Les caractéristiques propres du malade (son âge, ses antécédents médicaux, son état de santé,  et bien d’autres critères vont permettre d’émettre des pistes de choix de traitement qui apparaissent le plus adaptées, qui seront discutées avec lui.

Dans cette période, le temps peut paraître long, ajoutant à l’angoisse. En général, le mot « cancer » fait peur. Aussi, les proches auront envie d’être fixés rapidement sur le diagnostic et les traitements, et « que ça commence rapidement ».

Or, il ne faut pas brûler les étapes.

Après plusieurs batteries d’examens, dont les résultats peuvent être plus ou moins rapides, la première étape déterminante sera la réunion de concertation pluridisciplinaire (dite RCP). Cette réunion rassemble au moins trois médecins de spécialités différentes : spécialiste de l’organe touché par le cancer, chirurgien, oncologue médical, oncologue radiothérapeute, pathologiste… Un spécialiste peut ainsi vous avoir dit en consultation « je préfèrerai commencer par opérer, ensuite vous aurez sans doute de la chimiothérapie et de la radiothérapie », seule la RCP déterminera l’ordre et la nature des traitements, après échanges avec l’ensemble des spécialistes.

Une proposition de traitements est donc établie à l’issue de la RCP, qui sera exposée au patient lors d’une consultation spécifique, appelée consultation d’annonce. Lors de cette consultation, le médecin chargé du patient (généralement l’oncologue) lui explique les caractéristiques de sa maladie, les traitements proposés, les bénéfices attendus et les effets secondaires possibles.

Cette consultation d’annonce est importante. Il peut être utile que le patient se fasse accompagner par l’un de ses proches. Il est important que le patient prenne le temps de poser toutes les questions qu’il se pose et qu’il s’assure qu’il a bien compris.

N’hésitez pas à poser toutes les questions, même celles vous paraissant les plus saugrenues. En tant que proche, vous avez besoin d’exprimer vos angoisses et « de savoir ». En revanche, n’oubliez pas que le patient, premier concerné, reste maître de ce que lui a envie de savoir. Respectez cela, c’est important si vous voulez aider au mieux votre proche.  Echangez avec votre proche sur le sujet; cela vous permettra, avec son accord, de compléter les questions que lui-même va poser au médecin.

Une fois que le patient aura donné son accord sur la proposition de traitements, celle-ci se concrétise sous la forme d’un protocole de soins appelé programme personnalisé de soins (PPS). Il comporte les dates des différents traitements, leur durée, ainsi que les coordonnées des différents membres de l’équipe soignante. Il peut évoluer au fur et à mesure de la prise en charge en fonction de l’état de santé du patient.

Ce protocole dira notamment combien il y aura de séances de chaque traitement, avec quels médicaments notamment.

Après cette consultation médicale, une consultation avec un autre membre de l’équipe soignante, le plus souvent un(e) infirmièr(e), est proposée au patient et à ses proches. Cette consultation permet de revenir sur les informations données par le médecin, de se les faire expliquer à nouveau, de poser d’autres questions. L’infirmier(ère) évalue aussi les besoins en soins et soutiens complémentaires (sur le plan social ou psychologique par exemple) et oriente si besoin vers les professionnels concernés. Cette visite est donc très importante également. Les infirmiers sont les personnels médicaux qui seront présents pendant les traitements et qui voient quotidiennement de nombreux patients. Leur expérience, leurs conseils, feront qu’ils permettront de répondre à bon nombre de questions pratiques sur le déroulement des traitements.

Je vous livre ici une anecdote relative à la consultation avec l’infirmier du service de chimiothérapie ambulatoire (après la consultation d’annonce avec le médecin). Nous avons débuté l’entretien, mon épouse et moi, par la question « Comment ça va se passer ? ». Souriant et rassurant, l’infirmier a simplement répondu « Bien ». C’est ce que vous devrez garder en tête.

Viendra ensuite le premier rendez-vous du début du traitement…

Pour en savoir plus sur ces premières étapes du traitement du cancer, vous pouvez lire les informations du site de l’Institut National du Cancer relatives au choix des traitements.

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